Risque zéro

12 juin 2012

Risque zéro

Les marchés de taux ont finalement été assez peu impactés, hier, suite au sauvetage du système bancaire espagnol organisé ce week-end par la zone euro, le montant du prêt accordé – 100 milliards d’euros – apparaissant comme étant très au-dessus des besoins des banques...

Les marchés de taux ont finalement été assez peu impactés, hier, suite au sauvetage du système bancaire espagnol organisé ce week-end par la zone euro, le montant du prêt accordé – 100 milliards d’euros – apparaissant comme étant très au-dessus des besoins des banques estimés par le FMI, un fait qui a rassuré la plupart des intervenants.

Cette décision intervient quelques jours après que la Banque Centrale Européenne a annoncé ne pas modifier sa politique monétaire, à l’issue de la réunion, mercredi, du conseil des gouverneurs de la BCE. Ce dernier a décidé que le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt resteraient inchangés, à respectivement 1,00 %, 1,75 % et 0,25 %. Une décision largement anticipée par les intervenants de marché.

Attendue sur une possible annonce concernant un troisième LTRO, le président de la Banque Centrale Européenne a douché les espoirs des marchés, tout en indiquant vouloir maintenir ses mesures en faveur des établissements de crédit jusqu’en janvier 2013. Elle va notamment continuer de fournir aux banques de la zone euro, dans le cadre de ses opérations de refinancement, toutes les liquidités dont elles ont besoin.

Cette annonce de la BCE était en partie intégrée sur les marchés obligataires, qui ont pâti cette semaine du rebond des marchés d’actions. Les taux allemands et français ont ainsi rebondi en fin de semaine, les opérateurs de marché ayant retrouvé un certain attrait pour le risque dans leurs allocations d’actifs.

« Les taux longs ont baissé très significativement ces dernières semaines, ce qui permet aux banques de reconstituer leurs marges» indique Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct. « Elles ont massivement baissé, au cours des derniers mois, leurs grilles de taux » explique-t-il. « Certains établissements bancaires, jusqu’ici hors marché, ont décidé de profiter de ce mouvement pour revenir sur le segment du crédit immobilier, en baissant leurs barèmes» note-t-il.

« Toutefois, du fait d’un environnement financier toujours chahuté au niveau européen, les banques sont beaucoup plus prudentes qu’il y a un an et restent très sélectives, en demandant toujours plus d’apport, et en se montrant toujours plus regardantes sur la qualité du dossier présenté par l’emprunteur. Aussi, parallèlement à l’adoption de politiques tarifaires ciblées vers les profils haut de gamme, les banques semblent de plus en plus tendre vers une politique prudentielle de risque zéro, conformément aux orientations structurelles découlant des accords de Bâle 3» indique-t-il.

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