La BCE réduit son stimulus monétaire

15 décembre 2017

La BCE réduit son stimulus monétaire

La réunion du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne n’a pas donné lieu à une quelconque surprise en matière de taux directeurs, lesquels sont restés inchangés...

La réunion du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne n’a pas donné lieu à une quelconque surprise en matière de taux directeurs, lesquels sont restés inchangés, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement demeurant à 0%, celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%, et le taux de la facilité de dépôt négatif, à -0,40%. Il faut dire que la précédente réunion avait, pour sa part, permis d’opérer une évolution importante de sa politique monétaire, avec une diminution de moitié de son programme de rachat d’actifs à compter de janvier, de 60 à 30 milliards d’euros

Le président de l’institution, Mario Draghi, s’est montré satisfait des évolutions en matière de croissance mais beaucoup moins confiant sur l’inflation. La BCE a en effet relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro, à 2,4% en 2017 puis à 2,3% en 2018. Mais ceci ne se traduit pas, pour l’heure, dans les anticipations de prix. La BCE prévoit une croissance de 1,4%, un chiffre supérieur aux 1,2% projetés auparavant. Mais la prévision d'inflation 2020, de 1,7%, demeure sous l'objectif de la BCE, à savoir une cible un peu inférieure à 2%. 

Les dernières publications dans la zone, tant en France qu’en Allemagne, révèlent une inflation toujours contenue, comprimant de fait les anticipations de hausse de prix. Ceci s’ajoutant à des rachats mensuels toujours élevés de la BCE jusqu’à fin décembre, les taux constatés sur les marchés obligataires ne sont pour l’heure pas repartis à la hausse, les opérateurs anticipant de surcroit une hausse très graduelle des prix.

La nette diminution des rachats d’actifs, et la possible confirmation d’un arrêt dans les prochains mois de la politique de quantitative easing, pourraient, à contexte macroéconomique équivalent, conduire à une hausse elle aussi graduelle des taux de crédit, du fait de la moindre demande en actifs obligataires. Pour l’heure, cette moindre dynamique des taux tend, au regard des dernières enquêtes mensuelles sur la demande de crédit, à anémier la demande. 

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