Normalisation

14 juin 2018

Normalisation

Si l’on s’en tenait aux évolutions des taux directeurs, la réunion de la BCE de ce jour pourrait se traduire par une absence d’évolution de sa politique monétaire.

La Banque centrale européenne (BCE) a, en effet, au terme de la réunion du Conseil des gouverneurs qui se tenait ce mois-ci à Riga, laissé inchangé ses taux d’intérêts en zone euro. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement demeure à 0%, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25%, et le taux de la facilité de dépôt à -0,40%.

L’institution a laissé inchangé le montant de son programme de rachat d’actifs, qui demeure à 30 milliards d’euros mensuels. Mais c’est sur l’évolution de ce dernier qu’ont eu lieu les annonces les plus marquantes. Le président

de la BCE, Mario Draghi, a annoncé, lors de sa conférence de presse, qu'elle arrêterait à la fin de l'année d'acheter des obligations sur les marchés financiers. Avant cela, entre septembre et décembre, les rachats d’actifs mensuels seront amoindris pour être, au final, abandonnés. Cette annonce avait toutefois été largement anticipée par les marchés, tenus en alerte par les propos du chef économiste de l’institution, Peter Praet, qui avait indiqué dans la semaine que le quantitative easing serait discuté.

Mais au-delà de la fin de l’assouplissement quantitatif, l’institution a tenu à donner de la visibilité sur son principal levier en matière de politique monétaire : les taux. Selon lui, un relèvement de ses taux d’intérêt directeurs n’est pas à escompter avant la fin de l'été 2019. Reste que le fait même de donner une mire en la matière constitue un pas supplémentaire vers une normalisation de la politique monétaire, dans un contexte macroéconomique davantage porteur.

Il faut dire que l’inflation, tant en zone euro qu’en France, a repris de la hauteur, dopée par les prix de l’énergie. L’inflation en rythme annuel en zone euro a atteint 1,9% en mai, tandis que la barre des 2% a été atteinte en France sur le même mois. Le président de la BCE, a indiqué qu’une reprise de l'inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors prix de l’énergie, était attendue autour de la fin de l'année et qu’elle augmenterait par la suite graduellement sur le moyen terme. Cette nouvelle évolution tend à accréditer l’hypothèse d’une hausse des taux de crédit, et notamment immobiliers, dans les prochains mois. Une perspective encore confortée par le récent avis du HCSF, qui a relevé son taux du coussin de fonds propres bancaires.

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