De nouvelles hausses de taux en mai

05 mai 2020

De nouvelles hausses de taux en mai

Après une assez forte hausse des taux observée en avril, ceux-ci continuent leur ascension en mai, au vu des premiers barèmes transmis en ce début de mois par les établissements financiers partenaires d’Emprunt-direct.com.

Suite aux mesures de confinement décidées à la mi-mars, l’évaporation des transactions induite par la fermeture des agences immobilières et des études notariales a réduit à peau de chagrin les demandes de prêts à l’habitat. En parallèle, les banques ont réorienté leur activité vers le financement des entreprises, et ont des difficultés à assurer la continuité du traitement des nouvelles demandes de crédit à l’habitat.

Les flux entrants en matière de crédit immobilier s’avèrent donc assez limités, et la prise en charge d’un dossier demeure difficile vis-à-vis des candidats à l’accession, près de la moitié des établissements n’acceptant toujours pas de dossiers de demande de prêt, même si de plus en plus reviennent toutefois sur ce segment dans l’optique du déconfinement et d’une normalisation progressive du marché dès le 11 mai. On notera que de nombreux acteurs n’ont toujours pas communiqué de grilles au titre de mai, impliquant une hausse des taux pour l’ensemble des profils d’emprunteurs.

Baromètre national mai 2020

Le retour progressif de certains établissements sur le marché du crédit immobilier n’empêche pas une nouvelle remontrée des taux du baromètre général. « Alors que les taux avaient déjà progressé de près de 25 points de base le mois dernier, une nouvelle augmentation est constatée ce mois-ci, laquelle s’explique notamment par l’intégration par l’ensemble des établissements financiers d’une forte hausse du coût du risque, impliquée par les conséquences de la crise du Coronavirus », déclare Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.

« La nouvelle hausse des taux de crédit immobilier constatée ce mois-ci risque d'affaiblir davantage les dossiers de certains acquéreurs potentiels. En effet, la baisse du taux d’usure appliquée depuis le 1er avril dernier par la Banque de France fragilise le financement des prêts d’une durée supérieure à 20 ans. Celle-ci, couplée à une assurance crédit plus onéreuse pour ce type de maturité et à l’inflation des frais de dossiers bancaires, conduit à l’exclusion d’une part croissante de dossiers. Le Haut Conseil de stabilité financière ayant déjà, il y a quelques mois, resserré l’étau en matière de financement en limitant les prêts à une durée maximale de 25 ans, la récente détermination du taux d’usure fait cette fois-ci craindre une limitation des prêts d’une durée supérieure à 20 ans, ce qui pourrait se traduire par une chute de la production de crédit. Ceci pourrait, y compris dans les zones tendues, contribuer à réduire de manière significative le nombre d'acquéreurs potentiels, au même titre que la baisse de la demande et d’une augmentation du taux de refus des banques. Cela devrait avoir nécessairement un impact sur l’activité du marché immobilier, et donc sur les prix », note-t-il.

 

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