Immobilier : acheter ou attendre encore ?

16 septembre 2009

Immobilier : acheter ou attendre encore ?

 

Sur un an, les prix ont déjà baissé de 9.3% en France. Des experts évaluent la situation du marché immobilier et encouragent la prudence avant d'acheter, le bas du cycle n'étant probablement pas atteint.
«La crise des liquidités est passée et les banques ont accompli des baisses agressives de taux. Aujourd'hui, il est possible d'emprunter entre 3,60% et 3,70% sur dix ans, de 3,80 à 3,90% sur 15 ans et 3,90 à 3,95% sur 25 ans. Cette tendance à la baisse peut encore se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, mais la marge n'est pas importante"
Alban Lacondemine

 

 

 

 

 

 Sur un an, les prix ont déjà baissé de 9.3% en France. Des experts évaluent la situation du marché immobilier et encouragent la prudence avant d'acheter, le bas du cycle n'étant probablement pas atteint.

Marc Touati, économiste et directeur général de Global Enquities :

«Encore une baisse de 10% d'ici à la fin 2010»
«Ces dernières années, la valeur des biens immobiliers avait trop augmenté par rapport aux revenus des ménages qui ne pouvaient plus se porter acquéreurs. La baisse des prix et celle des taux d'intérêt ont permis de resolvabiliser les acheteurs.

Au déclenchement de la crise, j'avais anticipé une baisse de 20%. Nous sommes donc à mi-chemin. Je pense que les prix vont encore diminuer de 10% d'ici à la fin 2010 ou au début 2011, puis ils repartiront à la hausse. L'investissement dans le neuf devrait repartir à l'été prochain, avec de nouvelles mises en chantier. Ce scénario est toutefois conditionné à la politique monétaire mise en œuvre par la Banque centrale européenne (BCE). Le rebond est fragile : une remontée brutale des taux d'intérêt en 2010 risquerait de tuer dans l'œuf la reprise. Paradoxalement, ce facteur d'incertitude pourrait inciter les acquéreurs à emprunter avant la fin de cette année».

Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques à Xerfi :

«Redémarrage seulement en 2012»
«Le mouvement de baisse est bien enclenché et les cycles de l'immobilier sont généralement longs. L'évolution du taux de chômage, qui devrait atteindre prochainement 10%, a un double impact sur ce marché. Les personnes concernées ne peuvent plus acheter et les autres sont gagnées par un sentiment de défiance. Qui prendrait le risque de s'engager sur un crédit au long cours alors que pèsent des incertitudes sur son emploi ? De plus, les jeunes, qui éprouvent le plus de difficultés à trouver du travail, forment généralement le premier bataillon des primo-accédants. Au final, je table sur une baisse de 10,5% de la valeur de l'ancien cette année et de 5% l'an prochain. 2011 serait une année de stabilisation et le redémarrage n'interviendrait qu'en 2012.

Le neuf a connu une accélération du nombre de transactions au premier semestre, boosté par le dispositif Scellier. Les investisseurs ont préféré placer leur argent dans l'immobilier plutôt que dans la Bourse où le rebond semblait plus fragile. La situation semble aujourd'hui changer et je n'exclus pas un retournement de ce marché à la fin de l'année. Les prix ne peuvent cependant pas baisser comme dans l'ancien. D'abord parce que ces dernières années, les prix avaient augmenté moins vite. Ensuite parce que les coûts de construction s'élèvent à mesure que pèsent de nouvelles contraintes nées du Grenelle de l'Environnement».

Alban Lacondemine, porte-parole de la société Emprunt Direct :

«Les taux vont remonter en 2010»
«La crise des liquidités est passée et les banques ont accompli des baisses agressives de taux. Aujourd'hui, il est possible d'emprunter entre 3,60% et 3,70% sur dix ans, de 3,80 à 3,90% sur 15 ans et 3,90 à 3,95% sur 25 ans. Cette tendance à la baisse peut encore se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, mais la marge n'est pas importante. Ensuite, on peut imaginer que les taux vont remonter en 2010, mais sans savoir si cette hausse va intervenir en début, milieu ou fin d'année prochaine. Grâce à cette baisse, les acquéreurs retrouveraient un peu de pouvoir d'achat et l'on verrait revenir les primo-accédants. Le recul des prix est sans doute bientôt fini. Cet été, l'activité a été forte, portée par tous ceux qui n'ont pas pu acheter depuis plus d'un an. La loi Scellier a dynamisé le marché du neuf, mais le risque n'est pas écarté de créer une nouvelle bulle spéculative».

Mathilde Lemoine, chef économiste à HSBC :

«Fin de la baisse mi-2010»
«La baisse des prix devrait se poursuivre au 3e et 4e trimestre, sans toutefois s'accélérer. Au total, nous estimons que le marché de l'ancien va reculer de 7% cette année et celui du neuf de 5%. Ce secteur résiste un peu mieux que la revente car les promoteurs ont réagi rapidement en limitant les mises en chantier. Au cours des différentes crises, on observe que le creux des transactions précède celui des prix de deux trimestres. Or, le volume des ventes a nettement remonté cet été. On peut donc penser que la valeur des biens aura atteint son plancher mi-2010. Mais d'ici là, ils vont continuer à fléchir. Pour que les ménages retrouvent leur solvabilité de 2003, il faudrait que les prix diminuent de 25% depuis le déclenchement de la crise. En 2010, la baisse devrait donc se poursuivre de 10%. L'ajustement est plus brutal en province qu'à Paris car la bulle spéculative y était plus importante».

Source : Fabien Fournier (Lefigaro.fr)  16/09/2009 | Mise à jour : 18:04

Article complet : http://www.lefigaro.fr/immobilier/2009/11/03/05002-20091103ARTFIG00517-credits-immobiliers-la-baisse-des-taux-se-poursuit-.php

 

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