Taux : la BCE passe à l'action

06 juin 2014

Taux : la BCE passe à l'action

La Banque Centrale Européenne a baissé jeudi ses taux directeurs.

Lors de sa réunion, le Conseil des gouverneurs de la BCE a en effet décidé d'abaisser ses taux directeurs. L'institution a ainsi abaissé de 10 points de base son principal taux, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement , qui s'établit désormais à 0,15%. Le taux de facilité de prêt marginal a lui aussi été abaissé de 0,75% à 0,40%.

Mais le changement le plus notable concerne celui de la facilité de dépôt. Ce dernier, qui s'établissait auparavant à 0%, est désormais fixé à -0,10%. En d'autres termes, les dépôts réalisés par les banques auront pour elle un coût. Le but de la manœuvre reste la relance du marché des prêts interbancaires, en encourageant les banques à se prêter entre elles.

Mario Draghi, le président de la BCE, avait évoqué la possibilité d'assouplissement quantitatif. Il a, avec cette baisse des taux, annoncé une série de mesures : deux nouveaux LTRO ciblés (TLTRO) en septembre et décembre, achats fermes de titres de créances adossées et suspension des opérations hebdomadaires de stérilisation du programme SMP. La BCE va en outre prolonger l'octroi illimité de liquidités. 

Par ce « package » de 400 milliards d’euros de liquidités sur 4 ans, Mario Draghi, souhaite que la situation en zone euro s'améliore, notamment sur le front des la dynamique des prix. Au cours de sa conférence de presse, Mario Draghi a indique la BCE avait abaissé ses perspectives d'inflation à 0,7% en 2014 contre 1% précédemment, à 1,1% en 2015 contre 1,3% auparavant, et à 1,4% en 2016. L'institution souhaite donc avant tout éviter le spectre de la déflation, en agissant via le large spectre d'instruments dont elle dispose.

Sur le front des taux de crédit immobilier, cette action devrait maintenir une certaine pression sur les taux des obligations d’État des pays les plus fragiles de la zone, lesquels pourraient encore baisser. Mais les mesures d'assouplissement monétaire décidées aujourd'hui pourraient également avoir une autre conséquence: celle de pousser à la hausse les rendements des dettes de bonne qualité, comme ceux des dettes allemande et française, ces actifs étant dès lors de nature à offrir, du point de vue des investisseurs, moins de perspectives d'appréciation que les bourses ou les obligations d'Etat de pays de la zone euro plus risquées. Un arbitrage qui serait de nature à faire remonter le coût du crédit à l'habitat en France. 

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