La BCE réduit son stimulus monétaire

27 octobre 2017

La BCE réduit son stimulus monétaire

Au terme de la réunion de son conseil des gouverneurs, La Banque centrale européenne a quelque peu infléchi la position accommodante de sa politique monétaire. 

Ses taux directeurs sont, certes, restés une fois de plus inchangés, avec un taux d’intérêt des opérations principales de refinancement à 0%, un taux de la facilité de prêt marginal à 0,25%, et un taux de la facilité de dépôt négatif, à -0,40%. Mais la BCE a amorcé un tournant important de sa politique monétaire, en prolongeant son programme de rachat d’actifs tout en le réduisant de moitié à compter de janvier.

La Banque centrale européenne a en effet réduit de 60 à 30 milliards d’euros le montant net de ses rachats d’actifs. Le programme de rachat d’actifs est par ailleurs prolongé jusqu’en septembre 2018. Le président de la BCE a confirmé que ce programme se poursuivrait jusqu’en septembre 2018, voire même au-delà si la situation le nécessite. Il a en outre rappelé que la BCE poursuivrait ses achats jusqu’à ce que l’inflation sous-jacente soit autoentretenue. 

L’objectif reste, pour l’institut d’émission, que l'inflation sous-jacente au sein de la zone continue d'augmenter graduellement à moyen terme, jusqu’à rallier l’objectif des 2%. Le geste de la BCE tend en tout cas à affirmer la confiance de l’institution dans la convergence de l'inflation vers son objectif. Cette modification de la politique monétaire était très largement anticipée sur les marchés de taux, Mario Draghi ayant, en septembre, indiqué que des décisions seraient prises à l’automne.

Sur le front des marchés obligataires, cette décision de la BCE a validé les anticipations des opérateurs, qui tablaient massivement sur une diminution du montant des rachats d’actifs, si bien que cette baisse du stimulus et la prolongation du programme d’achat se sont traduites par une correction des taux de l’OAT 10 ans. Depuis un mois, on observait en effet une petite tension sur les marchés obligataires, les taux ayant, ces derniers jours, flirté avec les 0.90%. Sur le front du marché du crédit immobilier, la diminution du montant des rachats d’actifs devrait à terme se traduire par une hausse graduelle des taux de crédit du fait de la moindre demande en actifs obligataires, même si certains acteurs pourraient, ponctuellement, procéder à certaines baisses sur le marché du crédit à l’habitat, afin de doper la demande, assez anémique ces derniers mois. 

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