09 avril 2013

La BCE passe son tour, la BOJ s’active et les taux chutent

La Banque Centrale Européenne a laissé jeudi dernier ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement en zone euro demeure donc à 0,75%, un niveau inchangé depuis juillet.

La Banque Centrale Européenne a laissé jeudi dernier ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement en zone euro demeure donc à 0,75%, un niveau inchangé depuis juillet. Au terme de sa réunion mensuelle, le conseil des gouverneurs a en effet décidé de ne pas toucher au principal instrument de politique monétaire dont elle dispose, un consensus s’étant dégagé en ce sens.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a indiqué que les anticipations d'inflation en zone euro continuaient d'être en phase avec son objectif moyen terme d’un taux d’inflation proche de 2%. Et si une reprise de l’activité en zone euro est bien prévue au second semestre, Mario Draghi a mis en avant « des risques baissiers », de nature à alimenter les spéculations sur de futures baisses de taux. L’homme fort de la banque centrale, inquiet de l'absence de transmission entre une politique de taux bas et l'économie réelle, a par ailleurs avoué réfléchir à des mesures non conventionnelles, sans toutefois préciser quelle pourrait être la nature de celles-ci. 

Reste que ses homologues internationaux travaillent également dans ce sens, comme en témoigne le changement de braquet opéré la semaine dernière par la Banque du Japon (BoJ). Cette dernière, en déclarant viser un doublement en deux ans de la base monétaire du pays, a provoqué de nets arbitrages de la part de certains gestionnaires d’actifs, qui se sont aussitôt tournés vers les obligations d’Etat Européennes, et notamment vers les obligations d'État allemandes et françaises.


L'Allemagne, pays considéré comme l’un des plus surs au monde, a dès lors vu sa dette s’arracher sur le marché, si bien que les taux d’intérêts offerts sur un nombre croissant de maturités s’avèrent être en territoire négatif. Les taux de l’OAT, qui naviguaient depuis des mois dans une zone comprise entre 1.95% et 2.30%, ont également crevé tous leurs précédents planchers, jusqu’à glisser sur les 1.70%. Évidemment, ce nouveau décrochage devrait avoir un impact certain sur les taux de crédit immobilier à taux fixes. 

Avec ces récents mouvements, un potentiel de baisse des taux s’est reconstitué sur le marché des prêts immobiliers. Les banques, qui ont déjà fait preuve ces derniers mois d’un certain activisme en matière de baisse de taux, vont-elles immédiatement saisir la balle au bond et répercuter ce repli des taux longs dans leurs barèmes ? L’hypothèse semble plausible, même si certains établissements devraient profiter de cette nouvelle bouffée d’oxygène pour asseoir leurs marges, dans l’optique d’un renforcement des fonds propres exigé par Bâle 3.

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